le devoir

Sur la scène des grands honneurs

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Sur la scène des grands honneurs

Jérôme Delgado
Le Devoir

Petite de taille, à la voix douce, sans la prétention ni l’intention de bousculer. Claire Beaugrand-Champagne est de cette nature : discrète. L’expérimentée photographe, forte de quarante ans passés à documenter la vie des gens ordinaires, le reconnaît elle-même. « Je ne suis pas très bonne pour me vendre .» De là cette apparente traversée du désert. Sous-exposée, oubliée ou placée, dans le meilleur des cas, comme un lointain souvenir.

Fin de la traversée : avec l’exposition Émouvante vérité, le Musée McCord pousse Claire Beaugrand-Champagne sur la scène des grands honneurs. Une première rétrospective. Jamais n’avait-on réuni autant de photos (quelque 200) de ses différents projets (une dizaine de séries citées).

Pionnière à plusieurs égards, Claire Beaugrand-Champagne fait partie de la génération de photographes au discours social apparue vers 1970 — les Roger Charbonneau, Michel Campeau et Normand Rajotte célébrés cet automne par le Musée des beaux-arts de Montréal sous l’appellation « photographie d’auteur ». Elle est considérée comme la première Québécoise à avoir exercé le métier de photographe de presse — en 1975 et 1976, au très éphémère Le Jour.

« J’ai appris ça récemment », dit celle qui s’étonne, à 65 ans, qu’on lui attribue de tels premiers rôles historiques. Elle est comme ça, Claire Beaugrand-Champagne. Discrète, mais aussi modeste, insensible à ce genre de détails.

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