07.-Tapis-de-territoires

Adèle Boudreau

Adèle Boudreau // Université de Moncton
Programme : Baccalauréat en arts visuels, concentration peinture et céramique – complété en 2014

Adèle Boudreau est née en 1991 et est originaire de l’Isle Madame en Nouvelle-Écosse. Diplômée de l’École Beau-Port, 2009, elle obtiendra son baccalauréat en arts visuels de l’Université de Moncton en automne 2014, avec des concentrations en céramique et en peinture. Sa pratique artistique en céramique s’intéresse au surréalisme et à l’accumulation des objets, tandis qu’en peinture l’intimité et le territoire dans un milieu familial retiennent son attention. En 2008, elle a fait partie de l’équipe de la Nouvelle-Écosse, volet arts visuels, lors des Jeux de la francophonie à Edmonton en Alberta. Elle a participé à plusieurs expositions avec les étudiants du département des arts visuels de l’Université de Moncton. Elle a animé nombreux ateliers d’art pour le Conseil Jeunesse Provincial de la Nouvelle-Écosse. En avril 2013, elle a présenté des œuvres lors de l’exposition des finissant(e)s « Les délinquant(e)s de 2013 » à la galerie Louise et Reuben-Cohen.

Le territoire, l’intimité et la trace comme indice sont des thèmes prédominants dans ma pratique artistique en peinture.
La notion de territoire « […] est généralement associée à un sentiment d’appartenance identitaire au lieu considéré; le processus de territorialisation se fond sur des pratiques d’organisation […] et d’appropriation par un groupe social de l’espace sur lequel il vit et agit. » J’ai grandi dans une famille de six individus et c’était toujours très important de trouver son propre territoire et ne pas empiéter dans les zones des autres. Je représente, dans cette série de peintures, les territoires des six membres de la famille sur un espace où les personnes se retrouvent chaque jour en entrant dans la maison : le tapis. J’ai choisi le tapis comme espace, car c’est un lieu restreint qui démontre ce qui se passe entre les habitants et leur accaparation du lieu. C’est le territoire partagé entre un groupe, un lieu d’appartenance commun. À l’intérieur de cet espace, il y a des appropriations du lieu partagé. Pour travailler la notion de comment est géré l’espace partagé, je divise ce lieu en sections délimitées et précises qui symbolisent le territoire personnel que les membres du groupe prennent et sur lequel ils agissent. Les objets personnels et identifiants utilisés pour indiquer l’utilisation du territoire sont les souliers. Les souliers sont des objets très intimes, car habituellement on porte seulement les souliers qui nous appartiennent.

Je peins des formes minimales et ambigües sur la surface des tableaux afin de suggérer le contour des souliers. Ces contours sont des traces, des indices, « … empreinte[s] […] marquant le passage d’homme » . Les traces sur le lieu partagé, le territoire commun et d’appartenance, sont des indices des membres du groupe qui sont absents.

La mise en forme répétée dans chaque tableau représente un espace commun entre les six toiles : un tapis. Cette mise en forme est composée d’un fond plus ou moins de couleur uniforme et jaunâtre. À la surface de ce fond, des formes ambigües peintes d’une manière calligraphique rappellent des silhouettes de souliers. Les glacis de tons jaunâtres sont utilisés afin d’unir les six toiles et de faire ressortir les formes et les espaces délimités. Dans chaque tableau, il y a une section géométrique délimitée du reste de l’ensemble par le hard-edge qui représente l’espace personnel et physique de l’individu qui l’occupe. Les membres du groupe qui sont plus exigeants émotivement ont des souliers représentés en rapproché et qui dépassent les bornes de leur espace physique. Les six sections figuratives dans chaque toile représentent l’espace partagé du tapis entier.