pascal caputo

Article sur l’expo de Pascal Caputo à la Galerie Dominique Bouffard

pascal caputo

Article sur l’expo de Pascal Caputo à la Galerie Dominique Bouffard

Il y a d’abord la photo piquée sur Facebook. Elle a un très long nom composé de chiffres et de lettres. Sur la photo, il y a quelqu’un qui est photographié. Et il y a forcément un fond de scène. Sur la toile Pascal Caputo reproduit la photo, à l’huile, mais omet le personnage. Il y a en lieu et place une forme géométrique où la toile n’est pas peinte. La toile est même à crue. Mais tout autour, nettement, on y voit le fond. Bien entendu il a un fond de type paysage, que ce soit forêt, plage ou autre. Il y a aussi le fond qui révèle un peu à qui ressemble le protagoniste. Il y a ce qui ressemble fort à un atelier de peinture. Il y a ce truc vraiment très drôle où l’on voit des instruments de musique. Le portraituré absent est guitariste, il se produisait avec d’autres musiciens au moment de la prise de photo. Ce pourrait être une photo de Mike Jagger ou de l’ado qui habite au premier qui performe à plein régime dans sa chambre-studio sans insonorisation. Et il y a aussi le fond plus intriguant : un lustre, un mur blanc. Quelqu’un était devant. Alors on ne peut pas dire que les pistes soient très élaborées. Mais il en reste un esprit. Un air. Au mieux on sait que cette personne doit être assez grande, puisqu’une partie du lustre a été coupée.

Le travail de Pascal Caputo se présente comme une contre utilisation des réseaux sociaux. Alors que tout y est à la gloriole de l’égo et du je-me-moi, l’artiste anéantie toute possibilité de reconnaissance. Impossible de voir de qui il s’agit. Impossible également de retourner à la photo originale par son titre. Le code change lorsque nous nous approprions une image sur Facebook, et devient non pas un alias mais un nouvel objet en soi. Or il ne reste que la spéculation, l’enquête et le potinage. Peu de gens sont reconnus par leurs entours. Il semble au final que le monde que nous nous créons ne nous ressemble pas plus qu’il ne le faut. Il semble aussi que l’image que nous voulons projeter s’arrête aux limites de notre corps. Tout le monde rivalise d’ingéniosité sur les réseaux sociaux pour se faire voir sinon sous son meilleur jour, au moins avec une apparence d’originalité et d’unicité. Mais cette apparence ne dépasse pas les limites de notre corps. Et l’Autre, le regardant, le fureteur autant que l’ami ne remarque finalement pas ce qui entoure cette personne. Alors qu’une brève visite de l’appartement de quiconque nous en apprend plus sur cette personne que des années de fréquentation, une photo où l’on entrevoit cette petite part d’intimité ne nous allume pas plus qu’il ne le faut.

L’article complet : www.montrealistement.blogspot.ca