le soleil 2014

Câliboire de Simon Beaudry: le Québec magnifié

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Câliboire de Simon Beaudry: le Québec magnifié

Josianne Desloges
Le Soleil

(Québec) De jour, Simon Beaudry est directeur artistique pour l’agence publicitaire DentsuBos. De soir, il développe une pratique artistique qui réinterprète des symboles de l’identité québécoise et propose des images vibrantes d’un Québec futuriste et métissé.

Son exposition Câliboire explore deux manières d’appréhender le Québec d’aujourd’hui, bien résumées dans une phrase de Victor Lévy-Beaulieu datant de 1973 : «Le [créateur] québécois actuel a deux choix : ou il tourne carrément le dos au passé et s’invente totalement un présent, donc un futur, ou il croit suffisamment aux choses qu’il y a derrière lui, s’y plonge, les assimile, leur donne un sens nouveau, celui d’une oeuvre qu’il bâtit en fonction du nouvel univers qu’il voudrait voir s’établir ici.»

Vis-à-vis cette citation affichée au coeur de la Maison Hamel-Bruneau, on peut lire un manifeste signé par le collectif Identité québécoise, cofondé par Beaudry et l’auteur Philippe Jean Poirier, qui fut actif de 2007 à 2010. Les deux hommes ont organisé des conférences pour mieux comprendre divers aspects du Québec et une série de cours d’histoire donnés par Jacques Lacoursière. Simon Beaudry commence alors à inventer de nouveaux symboles québécois, comme Drapeau monolys (débarrassé de la croix et avec un seul symbole central), Patriote-citoyen (une actualisation de l’image du Vieux de 37, qui porte une perche et un micro plutôt qu’un fusil) et le Triptyque de la décadence identitaire. Cette série comprend des raquettes-pièges, des cuillères à clous et des pipes-pistolets, pour symboliser la dévalorisation de l’action, de la culture et de la parole au sein de la société québécoise.

«J’ai voulu exprimer la peur, la honte et l’aversion qu’on peut ressentir devant notre héritage traditionnel, en prenant des objets du passé et en les transformant en objets de torture», résume l’artiste, qui affiche le même cynisme avec l’oeuvre Télé-Québec, un téléviseur recouvert de fourrure de caribou et d’un panache. «Ça griche, il n’y a pas d’image, on n’est pas sûrs exactement de ce que [la télé] transmet.»

L’article complet : www.lapresse.ca

Crédit :
Pipe-pistolet de Simon Beaudry, série de 5, 2011 (bois et métal)