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Deux solitudes autour d’une mort

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Deux solitudes autour d’une mort

Jérôme Delgado

La photographie analogique est à ce point dépassée qu’elle fait désormais l’objet de regards s’apparentant à ceux qu’on porte sur des civilisations disparues. Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) y contribue non pas avec une, mais avec deux expositions. Deux expos suffisamment distinctes pour ne pas les réunir sous un seul titre, même si elles parlent de la même chose, soit de « disparition » et « d’obsolescence ».

La disparition de l’obscurité et Icônes de l’obsolescence ne forment pas une exposition thématique, notamment parce qu’elles portent, chacune, sur le travail d’un artiste, Robert Burley dans le premier cas, Michel Campeau dans le second. Point commun peu anodin : tant l’Ontarien que le Québécois oeuvrent en numérique.

Complémentaires au premier regard, antagonistes à bien des égards, cette disparition et cette obsolescence se tournent le dos. La mise en place que fait le MBAC des deux corpus est dans ce sens emblématique. Si les deux expos convergent vers le même point central, chacune a sa porte d’entrée. Si elles communiquent par des salles communes, un mur invisible les sépare. Il aurait fallu les éloigner davantage.

Un point, essentiellement, les distingue. Burley parle de l’industrie. Il photographie la fermeture des usines Kodak, Agfa, Ilford, Polaroïd. Il favorise les plans larges. Campeau, lui, s’intéresse au fait « maison » de cet art, au bric-à-brac. Sa caméra scrute les détails des chambres noires personnelles des photographes ; il en résulte des plans rabattus, étranges.

L’article complet: www.ledevoir.com



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