Le Devoir

Exposition de Jonathan Villeneuve chez Oboro

Le Devoir

Jonathan Villeneuve expérimente le merveilleux à travers une installation électromécanique raffinée

Marie-Ève Charron

Les oeuvres de Jonathan Villeneuve font partie de celles qui s’éprouvent avec tout le corps. Cette propension ne se dément pas avec la plus récente installation électromécanique de l’artiste chez Oboro, où l’immersion physique gagne même en raffinement. Comme le relève si bien la spécialiste des arts médiatiques Nicole Gingras dans l’opuscule de l’exposition, le travail engage cette fois « une expérience d’apesanteur, de flottement ». Ce nouveau registre a en un sens quelque chose d’encore plus déstabilisant.

Dans la grande salle d’Oboro où se situe le coeur de l’installation, il n’y a plus, comme par le passé, de dispositifs au sol (rails, structures de bois ou autres supports). Tout se trouve plutôt déployé depuis le plafond, des armatures légères qui suspendent par des fils des bâtons jaunes à l’horizontal. Quand ils se meuvent, les bâtons ondulent dans les airs avec plus ou moins d’amplitude, générant des sons percussifs toujours empreints de langueur.

Il y a également le son diffus du vent qui souffle et qui participe de l’étonnante sensation de voleter là où, pourtant, la matérialité volontairement dévoilée du dispositif, mais pas de la mécanique, se fait des plus prosaïques, comme dans ses moulures de plancher en MDF qui servent de boîtiers au plafond. Villeneuve prouve encore son aptitude à faire expérimenter le merveilleux dans le banal même le plus standardisé.

Pour autant qu’elle soit aérienne, cette chorégraphie hybride les références aux territoires terrestres, refusant d’en épouser une seule franchement. Les bâtons jaunes forment parfois une ligne virtuellement continue, qui se découpe sur le fond peint en noir de la pièce. Cette vision rappelle une route qui défile, progressivement révélée au regard lors d’un trajet nocturne, à vélo, disons.

L’article complet: www.ledevoir.com



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