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FABLES d’Éliane Excoffier – du numérique en chambre noire

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Fables d’Éliane Excoffier
Du numérique en chambre noire.

LE DEVOIR | Jérôme Delgado – Collaborateur | Arts visuels

Avec «Fables», Éliane Excoffier redonne à la photographie sa réalité physique — et toute sa chimie.

Sept ans après Kiev, série d’images orientée par l’utilisation de la caméra éponyme, Éliane Excoffier est toujours aussi expérimentale. Chez elle, la photographie repose sur l’exploration d’avenues inusitées, ou archaïques. Lorsqu’il est question de savoir comment imprimer la lumière sur le papier, l’artiste tâte presque autant que les pionniers d’autrefois.

Sept ans, donc, après Kiev, et dix ans après Obscures et le travail avec une camera obscura, voici Fables, un ensemble d’une quinzaine de photos qui s’apprécient autant pour leur rendu fort en contrastes que pour le processus derrière leur fabrication. La petite salle de la galerie Simon Blais est à nouveau le théâtre de ce travail créatif teinté d’ancienneté. L’expo s’ouvre d’ailleurs avec une image d’une cage — l’oeuvre Fables (vestiges, Mansonville) — aux airs de peinture flamande.

On pourrait dire que rien n’est simple avec Éliane Excoffier. Ou alors que c’est le pur plaisir de jouer avec la machine et tout ce qui vient avec qui l’anime. Pour cette série, où le corps féminin semble avoir cédé sa place dominante à la figure animale, la photographe ne renouvelle pas seulement son sujet. Elle s’ouvre à la photographie digitale, non sans abandonner le travail en chambre noire.

Si l’art de l’argentique survit, ce sera sans doute à travers des gens comme la photographe défendue par Simon Blais. La prise de vue, à la lumière naturelle, s’est déroulée avec une caméra numérique. C’est par la suite que la chose s’est complexifiée. Pour arriver à retrouver le travail de la chambre noire, il a fallu que l’artiste se fabrique un négatif.

Avec ces Fables, on se retrouve devant une sorte de chemin de retour, de parcours inversé. L’obsession de la dématérialisation, ne serait-ce que pour des questions d’archivage, nous a poussés à numériser tout ce qui existait sur papier. Voilà qu’Éliane Excoffier redonne à la photographie toute sa réalité physique — et toute sa chimie.

Sur les 15 photos réunies à la galerie, le tirage de 11 d’entre elles découle de ce processus alambiqué. Ce sont des images argentiques, par ailleurs en noir et blanc. Les quatre autres…

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Fables d’Éliane Excoffier.
À la Galerie Simon Blais jusqu’au 27 juin.

Photo: Galerie Simon Blais