9-LL-Plastifiction-detail

Laurent Lamarche

Laurent Lamarche // Université du Québec à Montréal (UQAM)
Program : Maîtrise en arts visuels et médiatiques – completed in 2012

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Laurent Lamarche vit et travaille à Montréal. Actuellement à sa deuxième année de maîtrise, il est aussi titulaire d’un baccalauréat en arts visuels de l’université du Québec à Montréal (2002). Il pratique autant l’estampe, le multimédia, la sculpture que l’installation. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions collectives (entre autres Hyperliens et Partie liée présentées à la galerie Graff en 2007 ; Pour l’art justement et Lire l’image à la galerie B-312 en 2007 et 2006) et individuelles (Translucida Organidée à Victoriaville en 2009 et Résonance, galerie Action-Art-Actuel en 2003). Il a aussi fait partie d’expositions collectives à l’étranger (New-York, Espagne, Danemark, Chine, Italie). Ses oeuvres font partie de nombreuses collections privées et publiques (notamment celles de Loto-Québec, du Cégep de Saint-Hyacinthe et de l’université Berkeley de Californie).

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Laurent Lamarche convoque un dialogue intime entre nature et artifice afin de mettre en intrigue la transformation de la matière par la création d’organismes vivants fictionnalisés, de formes étranges et hybrides à la frontière entre les univers microcosmiques et macrocosmiques, marins et terrestres. Ses œuvres récentes questionnent explicitement la relation entre l’artiste et le scientifique fasse à la transformation de la matière. Alors que le scientifique observe les données du réel, donc du dicible et du visible, pour étendre la connaissance du réel, l’artiste explore ces données pour les modifier de manière à élaborer un nouveau paradigme scientifico-artistique. En jouant avec diverses hypothèses figuratives mettant en récit de nouvelles formes de vie artificielle, Laurent Lamarche contribue à combler ce qu’Éric Clémens appelle « les trous du réel ». Ce faisant, il conçoit une nouvelle manière de voir l’invisible et de dire l’indicible. Les objets créés sont exploités par divers dispositifs de présentation (2D et 3D) mettant en scène des produits de consommation (principalement les plastiques d’emballages transparents récupérés) et des principes cinétiques. Leurs formes étant simultanément proches et éloignées des données du réel, ils confrontent les notions de transparence et d’opacité sémantique de manière à ce que le spectateur se trouvant devant cet univers perde tout repère spatio-temporel et soit face à un inconnu. Ainsi, devra-t-il se transposer dans un territoire imaginaire et se créer sa propre fiction pour en dégager du sens. C’est en utilisant des objets « low-tech » que l’artiste porte un regard singulier sur la relation entre l’art et les sciences (en particulier les nano-sciences).

En se questionnant sur les différents états, sur les conditions de transformation ainsi que sur les enjeux philosophiques et scientifiques que la matière induit, Laurent Lamarche donne naissance à des formes hybrides difficilement identifiables à un objet (ou à une forme) déjà connu. La frontière entre réalité et fiction devenant poreuse, il convie le spectateur dans une esthétique de l’indicible et l’oblige ainsi à pénétrer une zone indéterminée pour penser un dépassement de sens.

www.laurentlamarche.com