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Le devoir de voir

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Le devoir de voir

Nicolas Mavrikakis

Si vous voulez voir de la photographie à Montréal ces jours-ci, les choix ne manquent pas. Alors que se tient la 13e édition du Mois de la photo dans 14 sites, au Marché Bonsecours, la 56e édition du World Press Photo (WPP) bat son plein, avec 156 images prises par 54 photographes. Cette exposition est de plus accompagnée, dans le même lieu, de deux autres présentations, la 5e édition d’AnthropoGraphia (qui traite de photo-reportage et des droits de la personne) et Regards d’Oxfam-Québec, avec des images du Burkina Faso prises par Émilie Régnier.

Nous pourrions être tentés de placer le Mois de la photo du côté de la réflexion à long terme sur la photographie et le WPP du côté de l’actualité, du côté de ces événements médiatiques où une image en chasse une autre après avoir été vite consommée. Dans les faits, les choses ne sont pas aussi simples. Étrangement, cette année, le Mois de la photo a en effet choisi un thème qui fut bien présent dans l’actualité : le drone. Il y aurait dans la mécanique du drone (et des machines où l’image est automatisée) une possibilité de réflexion sur la logique de la machine, mais aussi sur les rapports entre « humains et non-humains ». Des critiques reviendront en ces pages sur le Mois de la photo, mais nous pouvons néanmoins souligner comment le WPP soulève en fait le même type de question (une question qui en Occident nous hante en fait depuis l’Antiquité) : en quoi un système de représentation, que ce soit le texte ou l’image, peut-il nous rendre plus humains ou, au contraire, nous déshumaniser ?

L’article complet : www.ledevoir.com