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Liam Maloney – MPM 2015

présenté par Joan Fontcuberta – Commissaire invité – Le Mois de la photo à Montréal 2015
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Né à Montréal en 1975, Liam Maloney vit et travaille à Toronto. Il a été finaliste pour le Dorothea Lange–Paul Taylor Prize en 2014 et pour le Lindalee Tracey Award en 2010, et il a gagné une médaille d’or au Canadian Online Publishing Awards en 2011. Son installation Texting Syria (2014) a été présentée à Images – Festival des Arts Visuels de Vevey (2014) ; à Photoville à Brooklyn (2014) ; et au Festival Scotiabank Nuit Blanche à Toronto (2014). Cette œuvre a été sélectionnée pour le Picture Story of the Year 2014 par la News Photographers Association of Canada. En tant que photographe documentaire et vidéaste, il a passé les dernières années à documenter la vie des réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique de l’Est. Son travail a été diffusé dans The Guardian, le National Post, Vice et Mother Jones, sur Discovery Channel, Global et CBC, et dans le cadre de la White Ribbon Campaign. Il est représenté par Polaris Images.

Les conflits actuels ne prendraient pas une dimension épique sans les appareils iPhone et Samsung. La communication au moyen des téléphones intelligents, qui permettent de parler et de photographier, a donné lieu à de nouveaux phénomènes sociaux de participation citoyenne et d’activisme politique, comme les manifestations du printemps arabe ou la plateforme Ushahidi (« témoignage » ou « témoin » en swahili), qui permet de situer sur une carte des informations vitales provenant de zones de catastrophe et de conflit. Liam Maloney a choisi de mettre en lumière un aspect plus intime et troublant, en tournant son objectif en direction de personnes qui tentent de rester en contact avec des êtres chers dont la guerre les a séparés. « Au Liban, à trente minutes au sud de la frontière syrienne, écrit l’artiste, seize familles de réfugiés vivent dans des tentes érigées dans un abattoir désaffecté. Quand la nuit tombe, les hommes scrutent leurs téléphones mobiles et envoient des textos, espérant recevoir des nouvelles de leurs proches encore piégés le long des lignes de front de la guerre civile. Je les ai photographiés dans l’obscurité, leurs visages simplement éclairés par l’écran de leur téléphone. La misère de leur environnement étant dissimulée par la noirceur, ce pourrait être nous, à la sortie d’un bar, qui vérifions nos messages. Leurs échanges sont toutefois une question de vie ou de mort. Texting Syria (2014) est une installation qui explore la lutte et la force de réfugiés syriens, ainsi que la nature multifacette de la connectivité à l’ère numérique . » Comme complément de cette installation photographique, les spectateurs peuvent également recevoir sur leur téléphone intelligent des parties des messages échangés par les réfugiés au Liban.

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Près de quarante ans de pratique tant artistique que théorique axée sur les conflits entre nature, technologie et vérité confirment l’engagement fécond de Joan Fontcuberta envers la photographie. Né à Barcelone en 1955, Fontcuberta est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages portant sur différents aspects de l’histoire, de l’esthétique et de l’épistémologie de la photographie. Il a signé de nombreuses expositions internationales dont Fotografia 2.0 (Círculo de Bellas Artes, PhotoEspaña, Madrid, 2014), Artwork as Collection (FotoColectania, Barcelona, 2013), From Here On (Les Rencontres d’Arles, 2011), Idas & Chaos. Trends in Spanish Photography 1920-1945 (International Center of Photography, New York, 1987). En 1982, il a cofondé la biennale de photographie Primavera Fotográfica à Barcelone et il a été directeur artistique des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles en 1996. De 2008 à 2014, il a assumé la présidence de l’Association des artistes visuels de la Catalogne. Sa production artistique a fait l’objet d’expositions individuelles au Museum of Modern Art à New York et au Chicago Art Institute, entre autres, et ses œuvres font partie de plusieurs collections d’institutions, notamment le Metropolitan Museum of Art à New York, le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa et le Centre Georges-Pompidou à Paris. Il a remporté le Prix international de la Fondation Hasselblad en 2013.