nataliereis

NATALIE REIS

Portfolio Mars // NATALIE REIS

présenté par Émilie Grandmont-Bérubé
emg_portfolio mars
Émilie Grandmont-Bérubé
Émilie Grandmont-Bérubé est activement impliquée au sein de la communauté culturelle et dans le milieu des arts visuels. Diplômée de littérature et d’histoire de l’art, elle est copropriétaire et directrice de la Galerie Trois Points depuis 2009. Présidente de l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC), elle siège également sur le conseil d’administration de l’Art Dealers Association of Canada (ADAC) et sur le Comité exécutif des Jeunes associés de l’Opéra de Montréal, en plus de participer à de nombreux jurys.

nataliereis
Natalie Reis

Née en 1981, Natalie Reis vit et travaille à Montréal. Elle a reçu plusieurs prix et distinctions alors qu’elle poursuivait sa maîtrise à l’Université de Waterloo (Canada). Ses œuvres ont été montrées dans de nombreuses expositions individuelles et collectives à travers le Canada et les États-Unis. Son travail fait également partie de collections privées et publiques au Canada. Reis est représentée depuis 2008 par la Galerie Trois Points à Montréal.

Ma pratique s’articule autour des icônes, des symboles et des référents issus de la mythologie, de l’histoire de l’art, de l’actualité et de la culture populaire. C’est par un processus d’accumulation et d’appropriation d’images qui occupent notre imaginaire collectif que je développe des compositions qui incarnent à la fois le figuratif, l’allégorique et le théâtral. Dans mon travail récent, je privilégie une palette sobre et neutre, sans aucune saturation. Les éléments naturels abondent, tant sous la forme d’arrangements floraux que de végétation sauvage, et cohabitent avec des moments de « bad painting » qui fracturent l’espace, oscillant entre la viscosité du mucus et celle de la peinture.

Plus particulièrement, ce travail s’approprie certains aspects de la peinture florale tout en faisant référence à la tradition des vanitas. C’est par la représentation de bouquets vénéneux que je questionne l’histoire de la femme et les tabous associés à la maternité, revisitant l’importance du genre de la nature morte en peinture tout autant que celle de l’herboristerie, deux disciplines fortement associées au féminin. On pense notamment à une période dans l’histoire de l’art où l’on ne permettait aux femmes de ne peindre que des natures mortes, puisqu’il leur était interdit de se confronter au modèle vivant. Ainsi, je m’attarde particulièrement à l’impact de ces référents sur notre inconscient collectif en cherchant à concevoir de quelle façon ils ont contribué à polariser l’identité des genres. L’intimité dont témoigne mon travail passe malgré tout par une provocation sociale et politique et mes propositions sont volontairement critiques.

Ces mêmes notions sont abordées lorsque des images sont tirées des médias pour ensuite être incorporées dans mon travail. Ces images, isolées dans des portraits singuliers, tendent à compromettre le spectateur, en le confrontant à des dérapages psychologiques et à des obscénités formelles, cachés sous les traits de la peinture et du dessin… J’aime que le spectateur soit constamment posé en état d’entre deux, entre le séduisant et l’abject, porté à poser sur sa propre sensibilité un regard critique.