montrealistement 2014

Peinture fraîche et nouvelle construction 2014

montrealistement 2014

Peinture fraîche et nouvelle construction 2014

Normand Babin
Montréalistement

Après 10 éditions de succès, l’événement Peinture fraîche et nouvelle construction est un véritable incontournable. On raconte même que plusieurs collectionneurs interrompent leurs vacances pour aller y jeter un coup d’œil et y faire quelques achats qui misent sur l’avenir. Les propriétaires de la galerie Art Mûr font un judicieux travail de dépistage en faisant à chaque année une tournée canadienne des grandes écoles d’arts visuels pour y débusquer les artistes les plus prometteurs. Chaque finissant sélectionné par leur œil aguerri expose quatre ou cinq œuvres. Au total, ce sont plus de 200 œuvres qui doivent être accrochées, disposées sur les deux premiers étages de l’immense galerie. Immense travail compte tenu qu’une galerie ne dispose pas du personnel d’un grand musée. Quoique bon, avec toutes ces coupures… De plus cette année, pour célébrer les 10 ans de cette exposition estivale, on donne à voir quelques œuvres d’artistes qui ont déjà participés à l’événement au cours des dernières années. Art Mûr démontre ainsi la force de sa vision, car ces artistes présentés A postériori sont tous des surdoués de l’art contemporain.

Le cœur bien accroché, on parcourt la première salle remplie d’œuvres tournant autour de la taxidermie. Parfois lourd, parfois loufoque, ce sujet est toujours délicat. Il faut voir les parents s’escrimer à expliquer que non non, le petit minou il n’est plus vivant et que les clous plantés dedans ne lui font pas mal. Les œuvres sont particulièrement fortes côté technique et portent un message au diapason des préoccupations de cette nouvelle génération d’artistes. Le python englué de Kate Puxley résume bien cette pensée environnementaliste.

Tout au long de l’exposition on trouvera beaucoup de très belles peintures. Il s’enseigne visiblement au Canada avec beaucoup de pertinence et de talent, un art de peindre… Si beaucoup laissent trop facilement percevoir leurs influences et leur partis-pris, d’autres sortent du lot notamment par leur thématique. Le très bel autoportrait d’Amélie Lévesque évoque à la fois le surréalisme de Magritte et l’hyper réalisme tristounet de Hopper. Il y a pire comme point de comparaison. La suite d’abstractions de Colin Hill présente un bel équilibre des matières et des formes, comme un petit recueil de poèmes. On accepterait facilement de se laisser hanter par ce petit corpus. Si on ne parle plus vraiment de peinture mais de médiums mixtes chez Miranda Lynn Marcotte, le résultat n’en est pas moins époustouflant. Cette longue feuille horizontale se photographie difficilement, mais les textures et dessins y sont magiques. Un rivage au petit matin, évoqué par le sel et les formes aquatiques, un nuage fréquenté par des papillons, on ne sait trop, mais la qualité de ce travail est indéniable.

L’article complet : www.montrealistement.blogspot.ca

Crédit photo : Amélie Lévesque (Ottawa), Self-portrait, 2013
huile sur toile, 55 X 66cm