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Pendant ce temps, dans la ville de Québec

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Pendant ce temps, dans la ville de Québec

Normand Babin
Montréalistement

Le Musée national des beaux-arts du Québec s’est acquise il y a quelque temps l’infinie expertise d’un commissaire que plusieurs jalousent : Bernard Lamarche. Avec lui à la barre de cette grande institution, on est en droit de s’attendre à quelques événements tout à fait remarquables. Les Matins Infidèles font partie de ces événements générateurs, à mi-chemin entre l’exploration pointue des centres d’artistes autogérés et le block buster de nos grands musées. Lamarche a été cueillir des œuvres parmi les cursus de nos plus prometteurs artistes, oeuvres qui sont toutes nées d’un protocole, d’une idée, d’un concept (de là la définition d’art conceptuel) et nous les donnes à voir et à comprendre. Les cartels sont d’une brièveté efficace, le visiteur saisi rapidement l’idée à l’origine des œuvres présentées, le processus de création et la finalité de celles-ci.

Surprise! dès l’entrée de la salle d’exposition, le visiteur est confronté à une œuvre en devenir. Lors du vernissage, il y avait donc très peu à voir. Les photos que j’ai prises avec l’accord de l’artiste qui était sur place, démontre le travail minutieux et répétitif que représente la mise en place d’une telle pièce. Immony Men a photographié un espace de travail, un bureau tout ce qu’il y a de plus banal. Il imprime ensuite l’agrandissement des photos grandeur nature sur de tout petit post-it jaune qu’on utilise justement à outrance dans ces bureaux. Enfin il installe les post-it sur les murs et reproduit son modèle initial. Le tout dans un horaire de bureau, de 9 à 5, du lundi au vendredi. L’immense puzzle fait sourire, les post-it n’ont pas une durée de vie très longue, ils tiennent bien au mur, mais ils commencent rapidement à se tordre, à gondoler. L’image s’en trouve embellie, le bureau devient aussi irréel que réaliste, une dichotomie d’un grand esthétisme. Le carrelé formé par les petits bouts de papier créé un grillage, emprisonnant du coup l’espace de travail.

On trouve dans l’exposition des pièces vraiment grandioses. Masse, ce très, très long rouleau de papier blanc, déroulé, tout en vagues et en boucles, perforé à l’aide d’épingles dans un motif rappelant des nuées d’insectes… Sam Kinsley a eu la décourageante idée de faire autant de petits trous qu’il y avait de pièce d’un cent dans le montant de sa dette étudiante ! Le sou noir étant disparu de la circulation au même moment qu’elle créait cette pièce n’est pas sans intérêt. Mettre sous nos yeux cette litanie de pièces de monnaie ré imaginées, passer ainsi d’un fardeau pécuniaire à l’affect, du trivial au sublime.

L’article complet : www.montrealistement.blogspot.ca



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