le devoir

Sylvie Cotton et Nathalie de Blois tracent leurs portraits réciproques

Sylvie Cotton et Nathalie de Blois tracent leurs portraits réciproques

Ce livre, c’est d’abord l’histoire d’une amitié entre une artiste et une historienne de l’art. Quand elles en ont amorcé le projet en 2007, c’est la forme savante du catalogue monographique qui était envisagée. La vie a infléchi la trajectoire du projet, qui est plutôt devenu un espace de dévoilement réciproque au ton personnel. À la différence de ses textes antérieurs, comme auteure, conservatrice ou commissaire d’exposition, le récit écrit au « je », avoue Nathalie de Blois, en préface, fut le premier rempart laissé tomber.

L’approche choisie est fort éloquente ; comme les oeuvres protéiformes de Sylvie Cotton optent pour des protocoles intensifiant les contacts de soi avec le monde et les autres, l’auteure les raconte en tant que sujet ayant fait leur expérience. En fait foi aussi le portrait que Sylvie Cotton esquisse de De Blois, avec qui elle a mis en oeuvre ses méthodes : tracé d’une promenade silencieuse, inventaire de la bibliothèque, grains de beauté répertoriés… Ces productions visuelles (listes, dessins, schémas) s’insèrent dans le récit, qui ne garde de scientifique que les références précises aux oeuvres, une « ZCRH : zone confortable de rigueur historique » à laquelle de Blois n’a pu renoncer. D’autres résistances elle a fait cependant l’occasion d’ouverture : « Et je pris conscience que, bien que partie pour découvrir, j’en suis venue, dans notre jeu, à inventer. »

L’article complet: www.ledevoir.com



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